Décisions publiées · relues le 30 octobre 2026

Exclusions, ventilation, réserves : ce que des décisions québécoises ont retenu contre des entrepreneurs

Exclusions, ventilation du prix, réserves : dans les décisions québécoises citées ici, ces passages du contrat ou de la soumission ont pesé contre l'entrepreneur ou le commerçant. Chaque extrait est repris tel quel, avec sa référence et son paragraphe.

Chaque décision tient aux faits de son dossier : ces extraits illustrent, ils ne posent pas de règle générale. OkReno n'est pas un conseiller juridique ; pour une situation précise, consulter un conseiller juridique. Les noms de personnes physiques sont remplacés entre crochets, « […] » marque un passage omis à l'intérieur d'un extrait, un extrait peut commencer en cours de paragraphe, et les notes de bas de page sont retirées.

Quelles exclusions ont joué contre l'entrepreneur dans ces décisions ?

Dans la première affaire, l'entrepreneur avait fait poser des bardeaux que la convention excluait ; il n'a pas pu en réclamer le coût. Dans la seconde, l'arbitre a jugé que les travaux en cause n'entraient pas dans l'exclusion « Ébénisterie (exclus) » invoquée.

« Si Modulex avait été diligent, il aurait su que le contrat excluait expressément la pose des bardeaux. C'est à ses risques et périls qu'elle l'a fait. Son appauvrissement n'est pas injustifié : il résulte de son propre fait. Ne serait-ce que pour ce motif, la réclamation du coût exigé pour la pose des bardeaux de toit doit échouer. »

2011 QCCQ 12319, Cour du Québec, 20 octobre 2011, par. [10]

« Le Tribunal est d’accord avec les Bénéficiaires : de l’ébénisterie, c’est de la confection d’armoires, de meubles, ce n’est pas planter des clous dans une planche. »

CCAC, dossier S24-042301, arbitrage sous le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs (Garantie de construction résidentielle), 10 septembre 2024, par. [176]

« pour le Tribunal, ce n’est nullement de l’ébénisterie exclue, mais un produit dont la fourniture et l’installation est couverte ; »

CCAC, dossier S24-042301, arbitrage sous le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs (Garantie de construction résidentielle), 10 septembre 2024, par. [177.1]

Que s'est-il passé quand le prix n'était pas ventilé et le matériau peu décrit ?

Dans cette affaire, les portes d'armoires livrées n'étaient pas en bois massif comme convenu. Le contrat décrivait peu le matériau, et ne ventilait pas la valeur des portes : le tribunal a réduit le montant dû du coût de remplacement estimé.

« Comme ce contrat contient peu d’informations sur le matériel à être utilisé dans la fabrication des portes d’armoires (si ce n’est que de préciser que celles-ci seront en érable), il faut examiner le contexte entourant sa conclusion et l’interprétation qu’en ont donnée les parties. »

2022 QCCQ 6636, Cour du Québec, 29 août 2022, par. [15]

« Selon la preuve non contredite, il en coûterait 20 375 $ pour remplacer les portes non conformes. Comme le contrat entre les parties ne contient aucune ventilation de la valeur des portes en bois massif, il y a lieu de réduire le montant dû par [la cliente] de la valeur de l’estimation produite, soit 20 375 $. »

2022 QCCQ 6636, Cour du Québec, 29 août 2022, par. [40]

Que s'est-il passé quand la réserve n'était pas écrite et les extras non chiffrés ?

Dans cette affaire de toiture, l'entrepreneur avait proposé deux options et soutenait ensuite que les clients auraient dû choisir l'autre ; il soutenait aussi que certains travaux n'avaient pas été payés.

« Si ses réserves étaient à ce point importantes face à l’option # 1, il aurait dû s’abstenir d’offrir aux demandeurs les deux options ou, à tout le moins, il aurait dû inscrire une réserve claire sur sa soumission. Il ne l’a pas fait. »

2010 QCCQ 6833, Cour du Québec, 27 juillet 2010, par. [80]

« Non seulement ces items ne sont pas chiffrés – [l’entrepreneur] les a évalués de façon très approximative au cours de son témoignage – mais [la demanderesse] a contredit la version de [l’entrepreneur] en démontrant qu’ils étaient soit déjà prévus à la soumission initiale, donc payés, soit compris dans des « surplus » indiqués à diverses factures, elles-mêmes toutes payées. »

2010 QCCQ 6833, Cour du Québec, 27 juillet 2010, par. [88]

Questions fréquentes

Une exclusion écrite au contrat ou à la soumission protège-t-elle l'entrepreneur ?

Dans les deux décisions citées ici, l'issue a été défavorable à l'entrepreneur : en 2011 (2011 QCCQ 12319), il avait fait exécuter les travaux exclus et n'a pas pu en réclamer le coût ; en 2024 (CCAC S24-042301), l'exclusion invoquée a été écartée, l'arbitre jugeant que les travaux visés n'étaient pas de l'« ébénisterie ». Chaque décision tient à ses faits ; pour une situation précise, consulter un conseiller juridique.

Une soumission sans ventilation par poste peut-elle poser problème ?

Dans la décision 2022 QCCQ 6636, la Cour du Québec écrit : « Comme le contrat entre les parties ne contient aucune ventilation de la valeur des portes en bois massif, il y a lieu de réduire le montant dû par [la cliente] de la valeur de l’estimation produite, soit 20 375 $. » Pour une situation précise, consulter un conseiller juridique.